Agnès Fabre-Pinson

 France

en bref

Je suis venue fort tard à l’illustration botanique et d’ailleurs je n’en suis encore qu’à la phase de découverte et d’apprentissage. Cet intérêt s’est révélé à l’occasion d’un voyage sur les terres de l’enfance, dans la Nièvre, à la recherche de délicates orchidées sauvages. J’étais en compagnie de N., ma belle-sœur, scientifique et botaniste avertie, qui m’informa, tandis que je photographiais nos découvertes, que l’on pouvait apprendre la peinture botanique au MNHN.

Cette annonce ne produisit aucun effet dans l’instant : j’avais remisé les pinceaux et les crayons depuis trop longtemps. Et puis ce type de pratique artistique me semblait tellement éloigné des Arts plastiques que je fréquentais depuis si longtemps du côté de l’abstraction, que je ne me suis pas sentie immédiatement requise. J’ai laissé passer un peu de temps avant de sauter le pas et ce n’est que depuis le mois de septembre 2011 que je me suis engagée. Le mot n’est pas trop fort, c’est bien d’engagement qu’il s’agit.

Peindre des fleurs c’est harassant : c’est un corps à corps furieux avec le temps qui passe, un affrontement à la fragilité et à la force de l’éphémère. À peine cueilli, le bouton s’ouvre, s’épanouit, et part en lambeaux.

Chaque tracé tente de se saisir de l’insaisissable, mais il est toujours en retard. Il ne peut rendre compte de la réalité mais seulement d’une certaine forme du vrai. Alors on négocie, on accepte d’être débordé, d’être en arrêt, tandis qu’un à un les pétales se déposent sur la table de travail.

Depuis que je tente de peindre des fleurs, j’ai réappris à les regarder et je comprends mieux aujourd’hui pourquoi la peinture des fleurs s’inscrit, pour une part, dans la catégorie des Vanités.

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