L’herbier globe-trotteur : 100 plantes extraordinaires du monde et le carnet botanique

lherbier-globe-trotteur

Auteurs: Agathe Haevermans et Thomas Haevermans
Date de parution : 04/11/2015
Collection : Beaux livres Jardin Nature
Prix : 49,95 €
Format : 225 x 310 mm
Nombre de pages : 296
EAN : 9782012385122

Lien de l'éditeur : http://www.hachette-pratique.com/lherbier-globe-trotteur-9782012385122


Ce livre a reçu le Prix Botanique lors de l’attribution du Prix Pierre-Joseph Redouté 2016 au Château du Lude.


L’Herbier globe-trotteur fait de chacun de nous un nouveau découvreur.


Parcourant le monde dans le cadre de leurs recherches pour le Muséum national d'histoire naturelle, Thomas et Agathe Haevermans ont rassemblé des plantes singulières, d'une grande actualité dans le monde. Leur approche ethnobotanique permet de replacer chaque végétal dans un domaine qui nous est familier : plantes utiles, plantes ornementales, adaptations remarquables à des milieux extrêmes.


Dans cet étui sont réunis :
- Un ouvrage de référence recensant plus de 600 plantes du monde et présentant en détail plus de 100 espèces illustrées de photographies.
- Un carnet botanique illustré proposant une initiation au dessin botanique, tout en laissant une large place à votre créativité.


Voici dessous le compte-rendu de lecture du journaliste Georges Lévêque (à lire sur son site Internet) :


Dans le monde des amateurs de jardins et passionnés de botanique, Patrick Blanc n’est pas un inconnu. Botaniste au CNRS, son nom est lié aux murs qu’il couvre de végétaux un peu partout dans le monde. En France, sa grande gloire est attachée à l’immense paroi de béton et de verre qui longe la Seine à Paris, au musée du Quai Branly. Fort de ses réussites et de sa présence dans les médias, l’homme se reconnait de loin car il peint à l’occasion ses cheveux en vert et en jaune ! Il est devenu avec le temps un personnage de légende. On l’invite pour son allure à nulle autre pareille , pour ses connaissances qui sont vastes et pour sa courtoisie qui est réelle aux dires de ses amis.


Patrick Blanc a un autre mérite. Il vient de signer une préface engagée pour le livre « L’Herbier Globe-Trotter » , écrit, photographié et dessiné par le couple Agathe et Thomas Haevermans, deux membres du Muséum national d’histoire naturelle de Paris. Thomas y est maître de conférence et chargé de la conservation des monocotylédones à l’herbier national. Agathe y est naturaliste et illustratrice scientifique. Leur ouvrage est un condensé de leur savoir scientifique présenté avec un souci de vulgarisation élégante et très bien faite.


Pour rendre un livre accessible au plus grand nombre et plaisant à la fois, son auteur doit faire des choix. Impossible alors d’être exhaustif ! Il faut se résoudre à sélectionner ce que l’on va présenter. C’est particulièrement vrai quand on veut présenter des plantes dont le nombre des espèces végétales est important . Thomas Haevermans l’estime osciller entre 300.000 et 400.000 ! Il est impossible dans cette comptabilité d’être précis : certaines espèces disparaissent, d’autres apparaissent. Non pas que ces dernières soient nouvelles, non ! Elles peuvent exister depuis longtemps, mais en quantité extrêmement limitée ou dans des lieux peu accessibles à qui les cherche.


Par sa capacité à bien connaitre son sujet, Thomas a choisi une centaine de plantes de la planète parmi les plus célèbres, les plus utiles ou les plus rares pour remplir un gros livre de près de 300 pages. En introduction, il évoque ce qu’est une espèce végétale, comment on la nomme et beaucoup d’autres choses qui permettront à chacun d’entrer en confiance dans ce sujet. Il tente de démystifier la complexité de sa science en citant un auteur célèbre en son temps : Alphonse Karr. Cet homme de lettre du 19ème siècle avait trouvé une formule magique pour mettre les rieurs de son côté : « La botanique, c’est l’art de sécher les plantes entre des feuilles de papier et de les injurier en grec et en latin ». Plus sérieusement, Thomas préfère expliquer de la manière la plus transparente possible ce qu’il faut savoir pour entrer dans l’intimité végétale.


Ces généralités exposées, le lecteur découvre les cent plantes qui composent le corpus du livre. Et pour chacune en plus du texte, au minimum une photo, parfois plusieurs. Et des gravures anciennes, des dessins quelquefois. Le chemin de piste commence avec une des 200 agaves disponibles à travers le monde connues pour la beauté de leurs fleurs et leur énergie décorative dans les jardins ensoleillés. On referme le livre par l’examen d’un Xerophyta de Madagascar qui, comme son nom le laisse entendre, supporte les situations de sécheresse à un degré qui défie l’imagination. Pour chaque plante exposée, avec des phrases courtes et bien campées, l’essentiel s’affiche. A titre d’exemple, en voici six qui bénéficient de photos remarquables.


Nelumbo nucifera, lotus sacré des Indes


Localisation : de la Russie orientale jusqu’à l’Australie, Inde, Viêt Nam, Chine.


Végétal ornemental et comestible, dans le lotus tout est bon. On consomme crus ou cuits rhizomes, pétioles, jeunes feuilles, pétales, étamines, le réceptacle et les graines. Il peut être tranché ou bouilli, confit, séché, infusé ou réduit en pâte. Les feuilles servent aussi d’emballage pour la cuisson et le transport des aliments. En Birmanie, on fabrique même un tissu en fibres de lotus.


Theobroma cacao, cacaoyer


Localisation : Amérique centrale et du Sud


L’utilisation des « fèves » de cacaoyer est attestée depuis 5000 ans, initialement utilisées pour produire une boisson alcoolisée. De là vient l’idée de faire fermenter les graines. Les conquistadors ont introduit la boisson en Europe. Avec du lait et du sucre on a commencé à produire ce que nous appelons maintenant le chocolat. Ce genre végétal important dans l’alimentation des hommes tire son étymologie des mots grecs « theos » et « broma » : nourriture des dieux.


Paeonia suffruticosa, pivoine arbustive


Localisation : Nord de la Chine


Arbustives ou herbacées, les pivoines sont utilisées dans les médecines traditionnelles occidentales et asiatiques; ce n’est pas un hasard, puisque l’étymologie du genre vient de « Péon », initialement dieu guérisseur. Beaucoup plus tard et en raison de la richesse et de la multiplicité des formes et couleurs, les fleurs de pivoine font partie du répertoire artistique oriental et représentent en Chine l’honneur, la richesse et l’aristocratie. Symbole de la bourgeoisie pendant la Révolution culturelle, les pivoines cultivées pour l’ornement devaient être détruites, sauf si leur propriétaire pouvait justifier de leurs fins médicinales.


Amaranthus albus, amarante blanche


Localisation : Amérique tropicale


En anglais, on la nomme « tumbleweed ». C’est une incontournable des westerns américains pour constituer des effets de désolation d’un lieu. Fleurs et tiges de la plante meurent une fois les graines mûres et forment une boule de matière végétale sèche qui va être roulée par le vent et voyager ainsi sur de longues distances au point quelquefois de bloquer des routes par temps de grands vents. Grand pouvoir invasif donc. Désormais cosmopolite des zones sèches et chaudes, on chercherait plutôt à s’en débarrasser.


Amorphophallus titanum, arum titan


Localisation : Mandchourie, sud de la Russie, Japon, Sumatra


L’inflorescence de cette plante à records est typique de l’arum de nos jardins, sauf pour sa taille et ses caractéristiques, surtout olfactives. Tant de singularités rendent le végétal attractif et beaucoup de jardins botaniques la cultivent. La presse locale annonce une floraison à venir. Elle mesurera entre 1 et 3 mètres de haut mais ne durera pas plus de trois jours. La bractée enveloppante est de couleur viande. L’odeur s’apparente à celle d’une viande en décomposition. C’est cela qui attire mouches et coléoptères mangeurs de charogne. Leurs passages sur les éléments mâles et femelles de la fleur assurent la pollinisation et la production de graines donc.


Welwitschia mirabilis, (pas de nom français)


Localisation : Namibie, Angola


Végétal incroyable par son allure au point d’être devenu la plante nationale de la Namibie. Elle constitue ainsi une ressource touristique qui attire les curieux du monde entier. Par sa durée de vie : plusieurs centaines d’années pour les sujets qui échappent à la consommation par les peuplades locales Héréros et Damaras. Et sa frugalité ! car elle semble vivre de l’air du temps avec moins de 200 mm d’eau de pluie par an. Ses racines ont le pouvoir d’aller à plus de dix mètres de profondeur et ses feuilles se nourrissent des brouillards côtiers causés par le Benguela, un courant marin froid en provenance de l’Antarctique. La description qui en est faite par Thomas est une invitation au voyage !


Cette sorte de bible pour le voyageur botaniste est accompagnée d’un livre frère. C’est un carnet de dessins botaniques réalisés par Agathe, l’épouse de Thomas. On y trouve des illustrations achevées, des prises de notes pour un travail ultérieur, des impressions botaniques, des idées à conserver et des astuces aussi. Agathe explique comment on dessine les végétaux et avec quel matériel. Certaines pages sont des ébauches de croquis à compléter. Cela donne un livre parfait pour être offert à un anniversaire à partir de 10 ans.