A un siècle de distance, deux illustrations botaniques

D’où m’est venu le désir de peindre des fleurs ? Voilà une question à laquelle il m’aurait été facile de répondre si j’étais née en Angleterre à l’orée du XIXème siècle. Aux débuts de l’ère victorienne, en effet, la botanique était en grande faveur et l’illustration botanique apparaissait comme une occupation parfaitement honorable,  en usage chez les dames de la bonne société.  

À l’époque qui est la nôtre, en revanche, et dans un autre contexte que celui de l’Angleterre, mon goût pour l’illustration botanique mérite explication. Au sortir du lycée, je ne savais comment me décider entre art et biologie. J’ai entamé des études botaniques, puis me suis mariée avec un peintre d’icônes, dont je suis devenue l’assistante. Quelques années auparavant, j’avais fait l’emplette d’une petite boîte d’aquarelle pour peindre en amateur pendant les vacances d’été. Notre travail à l’atelier d’icônes, lui, utilisait la tempera à l’œuf, plus ou moins opaque, comme on sait.

C’est près de Bath, dans le sud de l’Angleterre, en m’efforçant de peindre une fleur de souci, que, tombant des nues, j’ai découvert que l’aquarelle exigeait une tout autre technique et d’autres directions de travail que la tempera. La tempera à l’œuf  impose de travailler en allant de l’ombre vers la lumière, quand l’aquarelle oblige à emprunter le chemin exactement inverse. L’étape suivante fut l’achat d’un manuel d’apprentissage de l’aquarelle, précédé d’une brève introduction de Marjorie Blamey qui m’accrocha. Marjorie Blamey est l’illustratrice de la flore The wild flowers of England and northen Europe qui m’a accompagnée tout au long de mes études de biologie et qui maintenant me permet de conjuguer mon double intérêt pour la botanique et pour l’art. 

Poussant plus avant mon enquête, j’ai découvert la passionnante histoire de l’illustration botanique et me suis engagée, parallèlement, dans l’enseignement par correspondance dispensé par la SBA : la Society of Botanical Artists.
 

Comparaison de deux illustrations 

C’est sous cet éclairage que je souhaite mettre en regard deux illustrations botaniques produites à un peu plus d’un siècle de distance : d’un côté, l’Epidendrum vitellinum signé Miss Drake, œuvre de Sarah Ann Drake (1803-1857), illustratrice de la première moitié du XIXème siècle ; de l’autre, un gommier rouge, Corymbia ficifolia, peint par Jenny Phillips, illustratrice contemporaine née en 1949. 







Epidendrum vitellinum, de Sarah Ann Drake

 

 


Corymbia ficifolia, de Jenny Phillips






Les différences 

Notons tout d’abord ce qui oppose ces deux travaux, relativement  à leur sujet, à leurs auteurs, à la technique mise en œuvre et tout particulièrement à l’utilisation de la lumière.  

L’orchidée épiphyte Epidendrum vitellinum, originaire du Mexique et du Guatemala, est ici dessinée et peinte à l’aquarelle par une artiste du début de l’époque victorienne, active à Londres entre 1830 et 1847, connue pour sa collaboration aux publications du botaniste John Lindley (1799-1865), professeur, auteur et éditeur.

L’orchidée, représentée en taille réelle, donne à voir la totalité des éléments qui la constituent : racines, pseudobulbes, feuilles et  inflorescences avec des fleurs de couleur rouge orangé.

Une bonne moitié de l’œuvre est un dessin à la mine de plomb rehaussé de gris grâce auquel on a une idée précise de la composition et de la forme de la plante. L’élégance du trait me rappelle, personnellement, quelques-unes des œuvres de jeunesse de Pierre-Joseph Redouté. 

La branche aux fleurs roses du gommier rouge d’Australie, Corymbia ficifolia, est une aquarelle sur vélin peinte à Melbourne en 1998. C’est le résultat d’une visite à une mémorable exposition des œuvres de Ferdinand Bauer, illustrateur botanique autrichien (1760-1826), spécialiste de la flore australienne. Jenny Phillips, encouragée en cela par Shirley Sherwood, dont on connaît le rôle aux Kew Gardens, en ressortit désireuse de confronter son talent à celui de son illustre prédécesseur.

L’utilisation du vélin, de même que la reproduction en taille réelle des organes reproducteurs de la plante (les bourgeons, fleurs et fruits alignés au registre inférieur de la page) sont, de fait, des réminiscences des travaux de Bauer. En ce sens, on pourrait dire de ce gommier rouge qu’il est peint par une illustratrice contemporaine dans le style des artistes de l’époque victorienne. 

Du jour où j’ai lu, sous la plume de Richard Mabey dans ses Flowers of Kew, que le naturaliste Philip Gosse, au XIXème siècle, comparait la lumière des forêts tropicales, lieu d’élection de toute une série d’orchidées, à la douce pénombre qui règne parmi les piliers de quelques-unes de nos vieilles cathédrales, j’ai compris que Sarah Drake nous présentait son orchidée dans la même clarté légère. À la différence d’autres peintres de fleurs de son époque comme W. H. Fitch (1817-1892) ou Mrs Withers (1793-1864), elle ne recourt pas au contraste appuyé entre une source lumineuse forte et des ombres presque noires, qui aurait induit ici l’idée une croissance en plein soleil. La lumière de Miss Drake, au contraire, tout ensemble adoucie et intense, convoque des couleurs à la fois profondes et claires en un riche éventail de tons.  

Laissons un instant les vertes cathédrales des jungles tropicales pour aller, par un beau matin d’hiver australien, à la rencontre du gommier rouge de Jenny Phillips. L’arbuste est peint sous un soleil éclatant dont les rayons dansent joyeusement tout autour de la branche fleurie. L’artiste a parachevé son effet en recourant, loin de tout contraste brutal, au maniement subtil des variations de l’intensité lumineuse. C’est le cas, notamment, en bas à gauche de la branche, pour les fruits du gommier dont la lumière met en valeur la surface et entre lesquels elle circule : on voit ici comment l’atténuation des contours, utilisée à bon escient, est un des moyens de parvenir à la perfection.
 

Les ressemblances 

À côté de ces différences évidentes entre nos deux illustrations, il convient de noter plusieurs points de convergence, caractéristiques de ce qui constitue « le style victorien ».

Les deux œuvres fournissent un grand nombre d’informations particulièrement précises qui font d’elles, sans conteste, d’authentiques illustrations botaniques. Cette méticuleuse attention au détail est le propre des frères Bauer, Ferdinand comme Joseph et Franz. 

Les pseudobulbes coniques et charnus de notre orchidée, ainsi que ses fleurs zygomorphes sont présentés à différents stades de leur développement. Un rendu d’une grande finesse met en évidence le velamen, ce tissu spongieux qui recouvre d’une gaine poreuse, humidifiable, les racines aériennes de ce type d’orchidées. Les pseudobulbes les plus anciens sont identifiables par leur taille réduite et leurs profondes rainures longitudinales. 

Au-dessous de la branche fleurie du gommier rouge est alignée, peinte dans la même lumière, une série d’organes reproducteurs dont les coupes transversales et longitudinales rendent excellemment visible la progression qui va du bourgeon à la fleur et de la fleur au fruit.  

Les deux illustrations se rejoignent dans leur manière de modeler efficacement la forme en évitant de recourir au procédé du contraste : les contours sont mis en évidence au moyen d’une subtile couche de couleur dont la tonalité emprunte, selon les besoins, un large éventail de valeurs.   

Reste à se demander comment nos deux artistes parviennent à obtenir dans leurs couleurs cette profondeur et cette brillance.

Je présume qu’elles devaient se servir d’un jus très clair et transparent, avant d’appliquer une série de fines couches de différentes couleurs propres à ménager de subtiles transitions vers un haut degré de lumière. On peut aussi imaginer une première couche de jaune complétée en surface par un jaune vif, un jaune orangé ou un rouge. 

Le vélin, quant à lui, s’il est un support idéal pour qui veut obtenir de merveilleux effets de transparence, requiert une technique extrêmement délicate, à base de pointillés et de hachures appliqués au moyen de pinceaux très fins. 

Dans nos deux œuvres, la texture des feuilles, différentes dans l’un et l’autre cas, est remarquablement rendue. On peut presque toucher du doigt la surface lisse, comme cirée, des épaisses feuilles bleu-vert de l’orchidée, tout comme la brillante et sèche fermeté des feuilles du gommier. Le dessous des feuilles, lui aussi, plus pâle et d’une couleur différente, témoigne d’une même exacte observation : bleuâtre dans le cas de l’orchidée ; d’un léger vert laiteux dans le cas du gommier.

Les nervures parallèles des feuilles de l’orchidée, les denses nervures pennées des feuilles du gommier sont traitées sur un mode à la fois précis et discret. Elles concourent, dans les deux cas, par leur forme élancée, à l’élégance de la composition.

Notons aussi chez les deux artistes le souci de marquer une différence entre les feuilles les plus récentes et celles qui les ont précédées. Chez Sarah Drake, un vert-jaune brillant souligne leur jeunesse, par contraste avec le vert mousse profond et doux, nuancé d’un reflet bleu, des feuilles anciennes. Pour Jenny Phillips, l’éclat d’un vert doré caractérise les jeunes pousses, quand les feuilles adultes sont d’un gris-vert laiteux, avec une légère touche d’ocre :  cette opposition est nettement visible dans la partie basse de l’arbuste, à droite.  

Il faut admirer chez nos deux artistes leur capacité à restituer un espace tridimensionnel. Dans les deux cas, en effet, les fleurs nous sont présentées sous une foule d’angles différents. Perspectives et raccourcis changent quasiment avec chaque fleur ou chaque bourgeon, comme entraînées dans une danse autour de la tige qui les supporte. 

La perspective atmosphérique, avec les lointains qu’on lui connaît, est employée avec beaucoup de subtilité et d’efficacité : les fleurs du premier plan sont plus vives et plus distinctes que celles de l’arrière-plan, dont la couleur est moins soutenue et dont le contour tend à s’atténuer. Ce procédé, notons-le, vaut aussi bien pour le dessin que pour la couleur, comme en témoigne, chez Sarah Ann Drake, la comparaison entre les deux pieds d’orchidée traités à la mine de plomb. 

Dans le même ordre d’idées s’observe un changement progressif de couleur. Pour l’orchidée, le rouge orangé vibrant de l’avant-plan se transforme, quand on s’éloigne de la lumière, en un rouge profond qui vire à un brun-rouge pâli, assourdi, marqué d’une pointe bleuâtre, pour les fleurs de l’arrière-plan. Les fleurs du gommier, elles, arborent un rose profond et éclatant qui se nuance d’une pointe bleuâtre quand on arrive à l’ombre, et qui, à l’arrière-plan, s’adoucit tout à fait et pâlit : l’aspect filigrané du Corymbia ficifolia est ainsi parfaitement préservé. 

L’impression d’ensemble présentée par la plante, enfin, est affaire de composition. On le voit chez nos deux artistes, qui savent merveilleusement l’une et l’autre mettre en scène une efflorescence complexe en l’organisant autour d’un axe central. En témoignent les trois pieds de l’Epimedium, qui respirent largement dans l’espace de la page, tout comme le buisson rose du gommier australien, dont les fleurs, soutenues par le mouvement gracieux des feuilles, semblent danser autour d’une tige élancée et sinueuse. 

Bref, s’il est vrai qu’on peut à bon droit considérer Sarah Ann Drake  comme une représentante exemplaire du style victorien en matière d’illustration botanique, il y a lieu, tout aussi bien, d’accueillir Jenny Phillips dans le même cénacle, à l’égal de ces grands artistes. 
 

L’illustrateur botanique hier et aujourd’hui
 
Wilfrid Blunt (1901-1987), dans son Art of Botanical Illustration, jette un regard nostalgique sur le temps des Redouté, des Bauer ou de Miss Drake, qu’il conçoit comme « une époque de libre nonchalance, où le temps d’une vie pouvait être voué tout uniment au service de l’art botanique ». Il déplore que le patronage royal ou aristocratique des artistes appartienne au passé et s’étonne presque de constater qu’on continue de produire aujourd’hui beaucoup de travaux d’un excellent niveau : « Il y a manifestement plus d’artistes botaniques en activité et de haute qualité de nos jours, assure-t-il, que dans aucune époque antérieure… ». 

Cette progression objective du nombre des artistes botaniques qui retiennent l’attention du public implique apparemment des conditions  favorables dont il n’est pas inutile de rechercher la source.  

La révolution industrielle du début du XIXème siècle, au temps de Miss Drake, qui a éloigné les gens de la nature en les attirant vers les villes, a paradoxalement éveillé leur intérêt pour les curiosités naturelles, et tout particulièrement pour les plantes exotiques ramenées des colonies. Comme le besoin de classer scientifiquement ces végétaux nouveaux exigeait des illustrations botaniques exactes, le progrès en botanique, logiquement, a stimulé le progrès en art botanique. L’augmentation du nombre des publications botaniques, parallèlement, a entraîné la demande d’un plus grand nombre d’illustrateurs, dont plusieurs se trouvèrent être des illustratrices. Sarah Ann Drake en fut l’un des meilleurs exemples. Collaboratrice pendant une quinzaine d’années du botaniste John Lindley, elle exerça sur ses contemporains un véritable rayonnement.  Son talent, son lien professionnel avec un important homme de science, l’admiration du public cultivé confèrent un prix inestimable à ses œuvres qui constituent pour nous un très précieux héritage. 

De nos jours, si l’apport des illustrations botaniques à la science botanique n’a plus tout à fait le même poids, elles conservent néanmoins une place que la photographie n’est pas en mesure d’occuper à elle seule.  

Le fossé qui nous éloigne de la nature, cependant, s’élargit et s’approfondit, au point que chaque jour des espèces végétales et animales disparaissent à jamais, tandis que nous prenons progressivement conscience du danger qui nous menace. L’intérêt grandissant du public pour les plantes sous des formes diverses, qui vont du jardinage à la peinture ou à la collection d’œuvres  d’art botanique, est peut-être la réponse à cette anxiété. Choisir le silence et la concentration, aussi bien, est une bonne manière de réagir à l’hystérisation de la vie moderne : pour cela, peindre est un bon commencement. 

Cela dit, comment devient-on aujourd’hui un artiste ou une artiste botanique ? À défaut d’un quelconque patronage royal ou aristocratique, un peu de temps et d’argent permettra de mettre à l’épreuve son talent. Le matériel nécessaire n’est pas si cher ; il est d’accès facile et de bonne qualité.  La photographie, les schémas, les reproductions disponibles sur la toile peuvent être d’un grand secours. D’excellentes publications sur l’histoire et les techniques de l’illustration botanique permettront à l’amateur ou à l’apprenti de se perfectionner. 

Il y a, par ailleurs, en Angleterre (songeons à Shirley Sherwood), aux États-Unis, en Afrique du Sud, en Australie (Jenny Phillips en fait ici la démonstration) des sociétés qui conjuguent l’expertise et l’expérience d’un grand nombre d’artistes à travers des expositions et des cours où l’on apprend beaucoup. De ce point de vue, l’Allemagne, à l’exception d’une formation diplômante par correspondance, n’est pas encore très bien lotie. Il y a lieu d’espérer que cette situation s’améliore, à l’image de ce qu’on voit en France aujourd’hui, par le biais notamment de la SFIB, la Société Française d’Illustration Botanique. 

Je ne voudrais pas clore cet exposé sans mentionner l’arrivée sur le marché d’un grand nombre de nouveaux pigments qui ne présentent plus, fort heureusement, la toxicité de ceux à qui Sarah Ann Drake  a dû son décès prématuré, à seulement 54 ans. Son destin, pour moi, est comparable à celui de la romancière Jane Austen, morte à 42 ans d’une maladie rénale, en 1817, quand Sarah Ann Drake était adolescente. Un esprit libre, la conscience de leur talent et la volonté de le faire reconnaître réunissent pour moi ces deux femmes, par ailleurs passionnées de danse. Quand j’ai devant moi un portrait de Miss Drake, je suis sûre qu’elle était une excellente danseuse, élégante et légère.

C’est la même élégance légère que je vois aujourd’hui dans le gommier rouge d’Australie dont Jenny Phillips nous a fait l’offrande. Je ressens la douce tiédeur du vent, sous lequel ploient les étamines rose-orangé, et vibre avec ce soleil dont les rayons frappent les fruits du gommier.

Imaginons-nous sous les élytres d’un hanneton, occupé à en escalader la tige incurvée : quel voyage !
 


Evelyn SUM-PREIBISCH



 



SOURCE DES ILLUSTRATIONS


Epidendrum vitellinum, aquarelle et dessin sur papier de Sarah Ann Drake, provient de The Art of Botanical Illustration de Wilfrid Blunt et William T. Stearn.
 
Corymbia ficifolia, aquarelle sur vélin de Jenny Phillips, provient de A Passion for Plants : Contemporary Botanical Masterpieces, de Shirley Sherwood.

 

 

 

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